Malgré son nom, le parloir en ligne n'a rien d'une visite à distance. Les documents publics consultés décrivent une simple prise de rendez-vous : le proche choisit un créneau sur internet, puis se rend physiquement à l'établissement pénitentiaire à la date retenue.
L'expression recouvre le portail de l'administration pénitentiaire, destiné aux proches des personnes détenues et accessible à l'adresse penitentiaire.justice.fr. Cet article, publié par un magazine indépendant du ministère de la Justice, n'offre aucune réservation et ne remplace pas ce portail. Il explique le chemin à suivre, de la demande de permis jusqu'au contrôle d'identité à l'entrée.
Parloir en ligne : ce que le portail permet, et ses limites
Le service a été présenté par la direction de l'administration pénitentiaire dans une série de supports datés de 2020. Ils annoncent un accès 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, depuis un ordinateur, un smartphone ou une tablette. Ces supports ont quelques années : les écrans ont pu évoluer depuis, et seul le portail fait foi sur leur présentation actuelle.
Les fonctions prévues
Une fois connecté, le proche dispose d'un espace personnel. Il peut y enregistrer son permis de visite et ceux de ses proches, réserver un rendez-vous, puis le modifier ou l'annuler. La validation est présentée comme instantanée, et un e-mail de confirmation part automatiquement. Des rappels par SMS sont proposés en option, à cocher dans cet espace.
Le portail contient aussi des fiches par établissement (adresse, horaires de parloir, contacts), une foire aux questions et quatre tutoriels vidéo.
Les rendez-vous qui restent hors du portail
Tous les parloirs ne se réservent pas en ligne. Le ministère précise que les rendez-vous spécifiques, comme le parloir hygiaphone, le parloir prolongé ou l'unité de vie familiale (UVF), ne sont pas accessibles par ce canal. Ces demandes vont au service parloir de l'établissement.
Le parloir familial et l'UVF suivent une logique à part. Service-public.gouv.fr indique qu'ils concernent les condamnés, chaque trimestre, pour des proches titulaires d'un permis de visite. Une demande est à refaire à chaque fois auprès du chef d'établissement, par le détenu et par le proche, ce dernier écrivant par courriel avec accusé de réception ou par courrier postal. La durée va de 3 h 30 à 6 heures pour le parloir familial, et de 6 à 72 heures pour l'UVF. Ces visites ne se déroulent pas sous surveillance continue et directe. Elles sont exclues pour les personnes placées en quartier de lutte contre la criminalité organisée (QLCO).
Le permis de visite, étape obligatoire avant toute réservation
Le portail le dit sans détour : la prise de rendez-vous n'est accessible qu'une fois connecté et le permis enregistré. Sans ce document, aucun créneau ne peut être choisi. La fiche de la maison d'arrêt de Privas rappelle que le permis doit être valide avant de se présenter, et que la demande en ligne est gratuite.
Qui décide selon la situation pénale
L'autorité compétente dépend de la situation de la personne détenue. La distinction a des effets concrets sur les délais et sur le rythme des visites.
| Point | Personne condamnée | Personne prévenue ou accusée |
|---|---|---|
| Autorité | Chef d'établissement | Magistrat chargé de l'affaire |
| Réponse | En général sous 3 semaines | 20 jours à compter de la demande |
| Sans réponse | Refus après 2 mois | Non précisé |
| Visites | 1 par semaine | 3 par semaine au maximum |
| Validité | Permanent ou provisoire | Toute la détention provisoire |
Constituer le dossier
La demande se dépose par internet, avec le service « Demande en ligne de permis de visite ou de parloir », ou par courrier avec le formulaire prévu. Service-public.gouv.fr liste les pièces suivantes :

- un justificatif de parenté ou de situation, par exemple le livret de famille ;
- la photocopie d'une pièce d'identité ;
- 2 photos d'identité de moins de 3 mois ;
- une enveloppe affranchie à son nom et à son adresse.
Pour une personne prévenue ou accusée, le permis est envoyé par la poste.
Le cas des enfants
Un mineur doit avoir son propre permis de visite. S'il le demande lui-même, il joint une autorisation signée d'un représentant légal ; ses représentants légaux peuvent aussi faire la démarche pour lui. Au parloir, le livret de Châteaudun demande le livret de famille lorsque l'enfant n'a pas de carte d'identité.
Le permis peut être refusé pour un mineur, côté condamné, s'il a été témoin de violences conjugales commises par le détenu ou si l'autorité parentale a été retirée.
Si la réponse est négative
Le chef d'établissement peut refuser un permis pour un motif de bon ordre ou de sécurité, pour prévenir une infraction en prison, ou en cas d'interdiction de contact. Le magistrat, de son côté, peut refuser pendant une interdiction de communiquer, limitée à 20 jours à l'arrivée en détention provisoire, ou lorsqu'il a privé la personne de visites pour une durée déterminée.
Pour un prévenu ou un accusé, la décision est motivée et notifiée. La personne refusée peut saisir par écrit le président de la chambre de l'instruction dans les 5 jours suivant la notification, en joignant la décision contestée. La fiche consultée ne décrit pas de recours équivalent pour les condamnés. Dans ce cas, le service pénitentiaire d'insertion et de probation ou un avocat peut indiquer la voie à suivre.
Réserver un créneau pas à pas
Le support didactique du ministère découpe la réservation en quelques gestes. Ils sont résumés ci-dessous, sans reproduction des écrans du portail.
- Se rendre sur penitentiaire.justice.fr en tapant soi-même l'adresse, puis s'authentifier avec FranceConnect, en utilisant les identifiants d'un compte partenaire déjà existant.
- Enregistrer le permis de visite dans l'espace personnel, en saisissant les informations demandées.
- Choisir un créneau disponible dans le calendrier. Le ministère conseille d'en essayer plusieurs lorsque celui qui était visé est pris.
- Désigner les visiteurs : seul, ou accompagné. Un accompagnateur ne peut être ajouté que si son permis figure déjà dans l'espace personnel.
- Conserver l'e-mail de confirmation, en gardant à l'esprit que le ministère signale que la notification de rendez-vous « n'est pas un justificatif ».
Le message aide à se souvenir du rendez-vous, mais il ne remplace ni la pièce d'identité ni les vérifications de l'établissement. Comme pour le périmètre d'un compte Rentila, ce qu'un espace en ligne autorise se lit dans ses conditions, pas dans son nom.
Internet, téléphone ou borne : chaque prison fixe ses créneaux
Internet n'efface pas les autres canaux. Le ministère précise que l'on peut toujours réserver par téléphone ou sur les bornes, selon les établissements. Deux exemples montrent l'écart entre les prisons.
| Exemple | Internet | Téléphone | Borne |
|---|---|---|---|
| Privas (fiche du ministère) | Portail | Mardi et jeudi matin | Non mentionnée |
| Châteaudun (livret d'accueil) | Jusqu'au mercredi 12 h pour le samedi, jeudi 12 h pour le dimanche | Plages limitées, jusqu'au jeudi 12 h | À l'accueil des familles, fermeture à 17 h |
Le samedi à Châteaudun, la fenêtre internet se ferme donc plus tôt que la ligne téléphonique. Un proche qui ouvre le portail le mercredi après-midi n'est pas forcément privé de parloir, puisque le téléphone peut rester possible jusqu'au lendemain midi. Ces horaires valent pour cet établissement à la date du livret, et rien n'autorise à les transposer ailleurs.
Le nombre de visiteurs varie lui aussi. Châteaudun accepte 3 personnes, sous réserve d'inscription, pour un parloir par week-end, sur des tours de 1 h 10. À Privas, les parloirs familles se tiennent du mardi au vendredi l'après-midi et le samedi. Le numéro de permis et le numéro d'écrou de la personne détenue sont à garder sous la main, surtout pour un appel. D'autres démarches numériques sont détaillées dans la rubrique Business & internet.

Le jour de la visite
La réservation ne fait pas tout. Le livret de Châteaudun donne une idée précise de ce qui attend le visiteur, à vérifier pour la prison concernée :
- présentation au moins 1 heure avant le parloir pour le contrôle des identités ; un retard de quelques minutes y entraîne l'annulation ;
- pièce d'identité en cours de validité ;
- certificat médical en cas de prothèse ou de prise de médicaments ;
- dépôt en casier de l'argent, des clés, du téléphone, du tabac et de tout objet qui ferait sonner le portique, avec un cadenas de 3 cm à prévoir.
Sur le déroulement, Service-public.gouv.fr pose des règles communes. Le parloir est en principe sans vitre, mais il peut être vitré après un incident, en cas de risque sérieux, sur demande ou en QLCO. Les échanges se font en français, sauf si le permis prévoit une autre langue. Tout incident impliquant un visiteur peut conduire à la suspension ou au retrait du permis.
Connexion impossible, panne ou doute sur l'adresse
Le support du ministère distingue deux pannes. Un souci sur le portail lui-même se signale par le bouton « contact » situé en bas du site. Un blocage à la connexion relève de l'assistance FranceConnect, puisque l'accès repose sur les identifiants d'un compte partenaire. Un mot de passe oublié se récupère donc auprès de ce compte partenaire, et non auprès de la prison.
Si le parloir approche, le plus sûr reste de passer par un autre canal : le téléphone ou la borne de l'établissement, lorsqu'ils existent, ou le service parloir. Les modalités figurent sur sa fiche dans l'annuaire du ministère de la Justice.
Avant de saisir un mot de passe, vérifiez que l'adresse affichée se termine bien par justice.fr, et que la page d'authentification vous mène vers FranceConnect. Panorama Pratique ne demande jamais d'identifiant, de numéro d'écrou ni de numéro de permis. Un message qui réclame un paiement pour réserver un parloir mérite la plus grande méfiance : les supports consultés ne mentionnent aucun frais de réservation, et la demande de permis en ligne est gratuite. Repérer les canaux réellement ouverts vaut pour tout service en ligne : sur un autre terrain, le contact de Chantieraccess passe par un e-mail et un formulaire, sans téléphone.
Questions fréquentes
Comment réserver un parloir en ligne ?
Il faut un permis de visite valide, une connexion par FranceConnect sur penitentiaire.justice.fr, puis l'enregistrement de ce permis dans l'espace personnel. Le calendrier des créneaux devient alors accessible.
Peut-on réserver un parloir sans permis de visite ?
Non. Le portail réserve la prise de rendez-vous aux personnes dont le permis est enregistré. Le permis se demande en ligne ou par courrier, au chef d'établissement pour un condamné et au magistrat chargé de l'affaire pour un prévenu.
Combien de temps faut-il pour obtenir un permis de visite ?
Pour un condamné, la réponse arrive en général sous 3 semaines, et l'absence de réponse sous 2 mois vaut refus. Pour un prévenu ou un accusé, le délai est de 20 jours à compter de la demande.
Peut-on annuler ou modifier un parloir réservé en ligne ?
Oui, le ministère indique que l'espace personnel permet de modifier ou d'annuler ses rendez-vous et ceux de ses proches. Les limites de temps ne figurent pas dans les documents consultés : la fiche de l'établissement reste le bon repère.
Le parloir en ligne permet-il de réserver une UVF ?
Non. Les UVF, les parloirs prolongés et les parloirs hygiaphone se demandent au service parloir de l'établissement. Pour l'UVF et le parloir familial, une demande est à refaire à chaque fois.
Sources et références
- Service-public.gouv.fr, Vie en prison : droit de visite, accès au téléphone, réception d'argent — www.service-public.gouv.fr
- Ministère de la Justice, direction de l'administration pénitentiaire, supports de communication sur la prise de rendez-vous parloir en ligne (2020) — gepsa-familles.kardinalt.com
- Ministère de la Justice, annuaire, maison d'arrêt de Privas — www.justice.gouv.fr
- Sodexo Accueil des familles, livret d'accueil du centre de détention de Châteaudun — edge.sitecorecloud.io



